L'artiste.

L'Afrique et sa faune me passionnent de plus en plus. D'une girafe à un guépard en passant par un babouin ou un éléphant, l'œil doir réapprendre à regarder. L'équilibre et les déplacements de ces animaux sont propres à leur morphologie et une observation attentive sur le terrain m'a semblée indispensable. Le seul inconvénient est que je n'ai plus qu'une envie, y retourner.

Namibie novembre 2007

 

 

Patrick Allain
La signature.

C'est un artiste reconnu qui a fait son retour au pays de ses ancêtres en septembre 1996. Distingué par les galeristes parisiens et quelques beaux noms de l'art de vivre dont la maison Holland & Holland, Patrick Allain a en effet repris le chemin de la Bretagne maternelle après une longue halte dans les Yvelines.
C'est à une trentaine de kilomètres de son berceau mauronnais, à Bohal, qu'il a choisi d'installer sa famille, ses chevaux, ses chiens et une ribambelle de bronzes. Très vite, le manoir de Rocaran s'est ainsi peuplé d'étranges figures, des animaux espiègles ou graves, à poils et à plumes ou en habits de veneurs, lion en chasseur de safari, cochon sonneur, lièvre boxeur et grenouille rockeuse ! La facture de chaque sculpture est irréprochable, classique à la manière des maîtres du siècle passé. Bien avant qu'une pièce ne brille sous les feux d'une exposition, elle naît d'une alchimique transformation de la matière. Modèles en plastiline, élastomère, plâtre, cire et bronze, c'est toute une série de moules et maquettes qui passe entre les mains de Patrick Allain avant la ciselure et la patine finale.
Après une série limitée de huit plus quatre pièces, le moule de cette édition originale numérotée est détruit. Parfois l'édition, à tirage en principe illimité et non numérotée, est interrompue prématurément. « Quand un modèle ne me plaît plus, je le rectifie ou je l'arrête tout simplement. Il faut se remettre en question périodiquement et ne pas hésiter à retirer une pièce de sa collection.
Après une série d'une vingtaine d'objets, il faut aussi créer autre chose, se renouveler. » Un souci de liberté et une curiosité insatiable préservent l'originalité et le plaisir de cet artiste sur le qui-vive.
Avant de modeler, il faut savoir observer et dessiner, il faut connaître l'animal vivant, remuant, courant. Et Patrick Allain ne se prive pas de marcher et de regarder, prompt à capter un regard et valoriser une attitude ou une expression.
Avec lui, le beau est bon. Mais la précision du trait n'exclut pas la fantaisie. Car le sculpteur s'amuse à déceler l'humanité dans la gente animale et cligner de l’œil aux plus petits que soi, ainsi ce lièvre coquin derrière un basset Hound ! Une vision qui n'a rien de l'anthropomorphisme et qui tient davantage du plaisir naturaliste. Le bonheur animal en quelque sorte ! Toute son œuvre est ainsi un joyeux cortège de lièvres, sangliers, chiens,... Une course vitale où chacun tente de surprendre l'autre. Chaque animal est vu, perçu dans ses moindres détails, attrapé dans des postures si réelles qu'on se doute bien que cet homme-là n'est pas artiste des villes mais un praticien de la nature, un coureur des bois et des champs. L'inspiration sourd des galops et des traques.
A sa manière, l'artiste recompose la « chasse Artus » emplissant la vieille chapelle transformée en fonderie de mille et un bruits métalliques, ornant et animant les demeures de chiens jappant, de renards filant, de sangliers grognant, de chevaux ruant. L'art est ici dans le mouvement et dans l'assemblage de plusieurs animaux. Avec une centaine de bronzes, la collection de Patrick Allain autorise toutes les libertés de composition.
A Bohal, la réalité animale est prise au piège du bonheur de vivre d'un sculpteur fraternel.

Commentaire émanant du très bon site
« Bretagne-naturelle »
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