C'est un artiste reconnu qui a fait
son retour au pays de ses ancêtres en septembre 1996. Distingué
par les galeristes parisiens et quelques beaux noms de l'art de vivre
dont la maison Holland & Holland, Patrick Allain a en effet repris
le chemin de la Bretagne maternelle après une longue halte dans
les Yvelines.
C'est à une trentaine de kilomètres de son berceau mauronnais,
à Bohal, qu'il a choisi d'installer sa famille, ses chevaux,
ses chiens et une ribambelle de bronzes. Très vite, le manoir
de Rocaran s'est ainsi peuplé d'étranges figures, des
animaux espiègles ou graves, à poils et à plumes
ou en habits de veneurs, lion en chasseur de safari, cochon sonneur,
lièvre boxeur et grenouille rockeuse ! La facture de chaque sculpture
est irréprochable, classique à la manière des maîtres
du siècle passé. Bien avant qu'une pièce ne brille
sous les feux d'une exposition, elle naît d'une alchimique transformation
de la matière. Modèles en plastiline, élastomère,
plâtre, cire et bronze, c'est toute une série de moules
et maquettes qui passe entre les mains de Patrick Allain avant la ciselure
et la patine finale. Après
une série limitée de huit plus quatre pièces, le
moule de cette édition originale numérotée est
détruit. Parfois l'édition, à tirage en principe
illimité et non numérotée, est interrompue prématurément.
« Quand un modèle ne me plaît plus, je le rectifie
ou je l'arrête tout simplement. Il faut se remettre en question
périodiquement et ne pas hésiter à retirer une
pièce de sa collection.
Après une série d'une vingtaine d'objets, il faut aussi
créer autre chose, se renouveler. » Un souci de liberté
et une curiosité insatiable préservent l'originalité
et le plaisir de cet artiste sur le qui-vive.
Avant de modeler, il faut savoir observer et dessiner, il faut connaître
l'animal vivant, remuant, courant. Et Patrick Allain ne se prive pas
de marcher et de regarder, prompt à capter un regard et valoriser
une attitude ou une expression.
Avec lui, le beau est bon. Mais la précision du trait n'exclut
pas la fantaisie. Car le sculpteur s'amuse à déceler l'humanité
dans la gente animale et cligner de l’œil aux plus petits
que soi, ainsi ce lièvre coquin derrière un basset Hound
! Une vision qui n'a rien de l'anthropomorphisme et qui tient davantage
du plaisir naturaliste. Le bonheur animal en quelque sorte ! Toute son
œuvre est ainsi un joyeux cortège de lièvres, sangliers,
chiens,... Une course vitale où chacun tente de surprendre l'autre.
Chaque animal est vu, perçu dans ses moindres détails,
attrapé dans des postures si réelles qu'on se doute bien
que cet homme-là n'est pas artiste des villes mais un praticien
de la nature, un coureur des bois et des champs. L'inspiration sourd
des galops et des traques.
A sa manière, l'artiste recompose la « chasse Artus »
emplissant la vieille chapelle transformée en fonderie de mille
et un bruits métalliques, ornant et animant les demeures de chiens
jappant, de renards filant, de sangliers grognant, de chevaux ruant.
L'art est ici dans le mouvement et dans l'assemblage de plusieurs animaux.
Avec une centaine de bronzes, la collection de Patrick Allain autorise
toutes les libertés de composition.
A Bohal, la réalité animale est prise au piège
du bonheur de vivre d'un sculpteur fraternel.
Commentaire émanant du très
bon site
« Bretagne-naturelle ».
|